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de rétablir des relations avec deux organisations des droits de l'homme, interdites depuis des années. |
Cette nouvelle fâcherie de Ben Ali donne l'illustration du fonctionnement de cet Etat, dont les atteintes graves aux libertés ont encore été dénoncées le 16 juin par le Parlement européen. D'un côté, les autorités n'ont à la bouche que les mots «droits de l'homme», qui servent à baptiser tout ce qui se voit, des stations de métro aux conseillers de la présidence. Mais, au même moment, les tortures, les arrestations arbitraires et les intimidations continuent dans l'ombre. Les pressions internationales s'intensifiant, le fossé entre le discours officiel et la réalité s'est encore creusé. Des prisonniers politiques ont ainsi été libérés après une campagne nationale et internationale. Des opposants connus se sont vu rétablir certains droits. Mais, le 1er juillet, ces mêmes contestataires et une dizaine de formations (syndicalistes dissidents, partis non reconnus ou associations) se sont vu refuser en douce et au dernier moment, la salle qu'ils avaient réservée dans un hôtel de Tunis pour un colloque sur les libertés. Selon Amnesty et la FIDH, des courriers apaisants avaient été échangés début juillet. A cette époque, la perspective d'un voyage fait rêver Ben Ali et le pousse à quelques concessions: les Etats-Unis. Après un premier report, Bill Clinton doit enfin le recevoir le 13 juillet, un label d'honorabilité pour celui qu'on surnomme «le tyran de sous-préfecture». Mais le voyage est finalement annulé sine die. Prétexte avancé: les négociations de Camp David. En réalité, Washington n'a pas apprécié que les «conseils» d'ouverture prodigués il y a quelques semaines par son ambassadeur aient été si peu entendus. A cette grosse déception, s'ajoutent mille menues contrariétés. Des éditeurs français ont signé une pétition en faveur de la maison d'édition Aloès, dirigée par Sihem Bensédrine, une des bêtes noires du Président. Après une vague de grèves de la faim, c'est maintenant une lycéenne de 17 ans qui ose défier Carthage. Jusqu'à hier, Nadia Hammami, 17 ans, jeûnait pour l'amnistie de son père, dirigeant du POCT (communiste). Du coup, le temps se gâte pour la FIDH et Amnesty. Lorsqu'elles annoncent leur venue pour le 11 juillet, un conseiller spécial leur signifie qu'il est impossible de les recevoir. Motif officiel: pendant l'été, nous ne travaillons que le matin, nous n'aurons donc pas le temps avant septembre. Amnesty et la FIDH décident donc de scinder leur visite: une partie en juillet pour la «société civile», une autre en septembre pour les autorités. A la veille du départ, nouvel avertissement au téléphone. «Vous n'êtes pas les bienvenus maintenant. Nous sommes les maîtres chez nous.» La délégation décide d'embarquer quand même. Davantage encore qu'une gaffe politique, un leitmotiv apitoyé revenait hier dans les ambassades sur cette expulsion: «Irrationnel, absurde». |
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