Belle leçon dhumilité
Je n'ai pas la prétention de connaître toutes les misères que les Tunisiens et Tunisiennes vivent. Avant juillet 1998, je vivais paisiblement sans même imaginer l'ampleur des choses. Puis, j'ai connu RM*, j'ai enlevé mes illères ...
Si jécris, cest pour vous raconter l'histoire d'une jeune québécoise qui s'est ouvert les yeux concernant la réalité maghrébine, mais principalement tunisienne. Mon intervention peut sembler "particulière", mais je crois qu'il peut être intéressant de vous partager ma vision. En fait, mon histoire pourrait être celle d'une foule dautres Québécois sils étaient sensibilisés, si linformation pouvait leur parvenir...
Aimant les voyages, découvrir de nouveaux horizons et possédant un esprit ouvert, je me suis intéressée à la Tunisie il y a 7 mois déjà. Comme la très grande majorité des gens qui m'entourent, malheureusement, je me suis laissée avoir par tous les beaux concepts accrocheurs utilisés pour rehausser limage de la Tunisie : "pays du tourisme", "peuple chaleureux et accueillant", "émancipation remarquable de la femme", "place de rêve", etc. Mais je suis aussi curieuse : j'ai fini par percer le mur du silence...
Jai compris que la Tunisie nétait pas aussi "ensoleillée" que ce que les livres, brochures, sites Web trompeurs voulaient me le laisser croire lorsque jai appris que certains mots ne pouvaient être employés lors de séances de bavardage sur Internet. Premiers doutes Se censurer soi-même pour éviter les représailles, c'est quelque chose que je ne connaissais pas. Ainsi, lorsque j'ai connu RM, un Tunisien militant ayant à cur la cause de son pays, il ma bien fallu admettre que certaines choses m'avaient échappé. J'ai donc par moi-même fait des démarches pour trouver réponse à mes interrogations puisque RM ne pouvait m'expliquer tout ce quil vivait, tout ce quils vivent. Il faut dire que j'avais une motivation : comprendre.
En cherchant comme il faut, j'ai trouvé des réponses et des gens généreux pour maider. Mais j'ai dû avoir de la volonté puisque de un, une Québécoise qui s'intéresse soudainement et sincèrement à la Tunisie est "suspecte" (j'entends aux yeux de mon entourage) et de deux, plus souvent quautrement, je me suis sentie isolée dans ma démarche.
Si je raconte ceci, c'est pour que vous compreniez les difficultés rencontrées pour arriver à "Savoir". Non seulement mon éducation ne ma pas appris (ou à peine) ce que pouvaient vivre certaines sociétés arabes, mis à part tous les préjugés, mais linformation générale qui circule sur le sujet est biaisée, non représentative. Dans une ère où les frontières tendent à vouloir disparaître, quand la conscience québécoise sera-t-elle réveillée? Jai appris sur la Tunisie et jai cherché à transmettre mes connaissances à mes amis, mais je dois admettre que la route est longue et les combats multiples.
Lorsquon a de la famille, des proches, des compatriotes en Tunisie privés de leurs droits fondamentaux, je peux comprendre que mon histoire puisse sembler "de second ordre". Elle lest. Je crois aussi que lintérêt porté pour s'assurer que le peuple tunisien connaisse de bonnes conditions d'existence est plus urgent. Cependant, il ne faut pas nier le défit sous-entendu dans ce texte, soit arriver à véhiculer sur une grande échelle linformation véridique en lien avec la Tunisie pour enfin rendre les gens plus concernés. Cest pourquoi, jencourage les sites comme le vôtre, de même que les "mailing lists" : ils représentent un espoir pour moi et bien dautres. Merci.
- Jai 20 ans et je commence à peine à apprendre les vraies choses de la vie.
Vous voulez vous exprimer, sur ce document
un clic sur les mains tendues
Nous nous sommes procuré ce temoignage qui nous a semblé interessant à publier, faites que l'on ne taise plus les exactions et le harcélement des personnes.
Il faut le rappeler à l'occasion de la visite du Président tunisien au Canada."
* RM : mon ami tunisien, vous le comprendrez, préfère demeurer sous le couvert de lanonymat. Les initiales employées sont donc tout à fait subjectives.