"N.D.W.M."Titre provocateur du journaliste T. Dumais, journal Soleil à Québec  - Canada

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La réponse des services d'information du représentant Tunisien au Canada est pour le moins encore plus provocatrice.

Ali Saidi qui venait d'intervenir à la rencontre des sections francophones d' Amnesty international , ces mêmes responsables de l'Ambassade étaient au courant de sa présence à Quebec

réponse des services tunisiens

" C'est pendant ce voyage que Monsieur Saidi rencontrait pour la deuxième fois Madame

L. G. qui se proposait de faire une étude sur les droits de l'homme et l'information sur le Maghreb. Des documents existent à Montréal."

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Un autre Saddam Hussein en Tunisie

Par Jacques-T. Dumais           Dumais.jpg (19876 octets)                               

Le roi Hussein de Jordanie qualifiait de farce, cette semaine, le référendum tenu dimanche en Irak où près de 100 % des électeurs, selon Bagdad, approuvaient le maintien au pouvoir de Saddam Hussein pour sept autres années.

 

" Malheureusement dans notre région, on a eu de nombreux exemples de 99 et quelque pour cent dans les scrutins... " Le petit monarque modéré d'un pays voisin de l'Irak n'a jamais su si bien dire. Le monde arabe est peuplé de Saddam Hussein qui s'ignorent et s'accrochent au pouvoir grâce à des simulacres électoraux.

 

Le dernier pays dont on croit généralement qu'il souffre de pareil handicap est la Tunisie, ce soi-disant paradis touristique qui se proclame une oasis de paix coincée entre les deux pays perturbés, bruyants et sanguinaires que sont la Libye et, surtout, l'Algérie, en Afrique du Nord.

 

En février 1994, les Tunisiens, peuple prétendument heureux de neuf millions d'habitants, réélisaient pour un second mandat de cinq ans leur président " bien aimé ". Zine el- Abidine Ben Ali obtint, tenez-vous bien, 99,8% des suffrages. Que voulez-vous, monsieur le président n'avait plus d'adversaire, avant fait croupir en prison pendant plus de trois mois, le médecin Moncef Marzouki, un ex-président de la Ligue tunisienne des droits de l'homme qui voulait -quel affront !- lui faire face.

 

Un autre Saddam Hussein, quoi!

 

" Ouais, mais ce dernier, au moins, ne joue pas la carte du grand démocrate... ", de signaler à Québec, cette semaine, l'un des rares opposants encore bavards de Ben Ali, le juriste Ali Saidi, Tunisien d'origine, " émigré pour le pain ", il y a 27 ans, et exilé politique en France depuis juin. Ce verbo-moteur de 48 ans apparaît plus Français que Tunisien. Mais en contact quotidien à distance avec les exclus d'un régime dit " à pouvoir présidentiel fort ", cet Ali Saidi n'a de cesse de dénoncer les abus de Ben Ali : quelque 10000 prisonniers et 2000 exilés politiques, au moins 26 détenus morts sous la torture, depuis deux ans, une pléthore d'adversaires politiques pourchassés, harcelés, une presse intérieure muselée et des agences ou médias étrangers intimidés.

 

Général, ex-ministre de l’Intérieur et premier ministre, Ben Ali, à l’âge de 51 ans, s'était approprié le pouvoir en 1987 en tassant peu gentiment le " Commandant suprême " Habib Bourguiba, père de l'indépendance tunisienne qui régnait alors depuis 3 décennies. L’octogénaire Bourguiba, hélas, était devenu sénile. Il ne mesurait plus le mal de vivre de ses concitoyens dont la colère grandissait dans les rues à partir des années 1980 et la montée fulgurante de l’intégrisme musulman dans son pays.

 

Au début de son règne, le nouveau président suscita un espoir indéniable parmi les opposants politiques non intégristes. Du reste, il en nomma plusieurs aux plus hautes fonctions ministérielles ou de l'État. Mais peu à peu, déplore Saidi, Ben Ali met tous ses adversaires dans le même moule des fous de Dieu, qu'ils soient démocrates, laïcs ou islamistes. Avec une habileté perverse, le président Ben Ali instaure une sorte de totalitarisme plus insidieux encore que sous Bourguiba.

 

À la faveur de la crise dit golfe Persique, lors de l'invasion du Koweït par l’Irak et la répression de Bagdad par les forces alliées en 1990-1991, Tunis, à l'instar de capitales arabes comme Amman, de la Jordanie, joue la carte Saddam afin de plaire aux masses plus sympathiques a celui-ci. Mais mine de rien, Ben Ali serre parallèlement le garrot autour de l'opposition. Il pose cependant en gestionnaire éclairé aux yeux des élites politiques et touristiques européennes et américaines.

 

Ali Saidi, lui, n’en revient pas de constater ;a quel point son pays d’origine garde bonne presse ici comme ailleurs, alors que son bilan eu égard à la démocratie et au respect des droits de la personne s’alourdit ouvertement. La Tunisie, dit-il, a théoriquement trop de racines diverses en Europe pour sombrer dans le même chaos que l'Algérie. Mais dans les faits, l'intolérance de Ben Mi s'avère aussi provocatrice que celle de la junte algérienne. Une guerre civile en Tunisie n'est pas inimaginable. Et si Alger tombe sous la coupe de l'intégrisme musulman, Tunis suivra bien à moyen terme...

19/10/1995 Le Soleil

 

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