L'équipe de Tuniscom, vient de recevoir de Tunis

Un communique de  

Moncef  Marzouki  

Porte parole du Conseil

Ben Ali 

"La République mérite mieux de considération".

CONSEIL NATIONAL POUR LES LIBERTÉS EN TUNISIE

Président d'honneur: Hachemi Ayari

4, RUE ABOU DHABI TUNIS – Tél/Fax : (216-1) 335 871

WEB-page : http:// www.cnlt98.org

 

Communiqué

 

 

A l’occasion de la fête de la république, les autorités ont annoncé la libération  « d’un certain nombre de détenus » sans plus de précisions concernant la nature des condamnations concernées par cette amnistie.

Le CNLT :

      1.         exprime sa profonde déception face à cette nouvelle occasion manquée d’ouvrir une nouvelle page dans les relations du pouvoir et de la société civile qui, dans sa diversité, est unanime à exiger une amnistie générale. Cela signifie la libération de tous les prisonniers d’opinion, le retour des exilés et des personnes en fuite, l’abandon des poursuites à leur encontre et la récupération de tous leurs droits civils et politiques. En s’obstinant à refuser de satisfaire cette exigence, le pouvoir se met à contre-courant des aspirations de la société et aggrave la fracture qui les sépare.

Le CNLT exprime sa détermination à poursuivre son action pour arracher l’amnistie générale et appelle l’ensemble des forces de la société à s’unir pour la réalisation de cet objectif qui constitue la plus urgente des priorités des défenseurs des droits humains en Tunisie.

      2.         Le CNLT exprime sa vive préoccupation et dénonce vigoureusement les persécutions dont sont victimes les prisonniers d’opinion aussi bien que les détenus de droit commun :

-         Le maintien en isolement constitue une des formes les plus grave de torture psychologique et physique. Des dizaines de prisonniers d’opinion sont l’objet de cette sanction. Citons parmi eux : Ali Laraidh, Sadok Chourou, Hamadi Jebali, Mohamed Kaloui, Habib Ellouz, Abdallah Zouari, Bouraoui Makhlouf, Tahar Harathi, Ridha Boukadi…

-         Les humiliations et atteintes à la dignité allant parfois jusqu’à la torture comme en ont été victimes Aziz Hamami, un détenu de droit commun incarcéré, sous le numéro 5041, à la prison civile de Tunis, Frej Jami, prisonnier d’opinion condamné à 11 ans de détention...

-         La privation de soin. C’est le cas de : Walid Ben Saïd, Habib Ellouz, Moncef Boughdiri, Mohamed Mseddi, Brahim Zoghlami, Abderraouf Bedoui, Kamel Sehili…

-         Rareté de l’eau potable et propagation de la gale.

-         Interdiction de visite. Ismail Ben Bechir Saïdi, condamné à 13 ans de prison, a été privé de la visite de son frère.

-         Prolongation des délais judiciaires comme dans le cas de Fathi Karoud qui a été interpellé à l’aéroport alors qu’il revenait de l’étranger où il faisait ses études. Il est accusé d’ « appartenance » et n’a pas encore été présenté devant un tribunal une


-         année après son incarcération alors que, de surcroît, son dossier ne contient aucun élément tangible et que son état de santé se dégrade suite à ses mauvaises conditions de détention.

Ces conditions inhumaines d’incarcération, sur lesquelles nous avons eu l’occasion d’attirer l’attention des autorités et de la société dans notre Rapport sur l’état des prison en Tunisie, paru le 20/10/99 et dans notre Rapport général sur l’état des libertés, paru le 15/03/00, n’ont guère varié malgré les tentatives de diversion du pouvoir comme la constitution d’une commission dont personne ne sait rien. La dureté des conditions de détention explique la multiplication des grèves de la faim dans les prisons dont la dernière (à cette occasion, Habib Ellouz a été privé d’eau et de sucre) a duré du 10 au 25 juillet. M.Taoufik Chaïeb qui poursuit à ce jour son action s’est vu menacé d’être privé des visites familiales.

L’absence de transparence concernant la situation des prisons, l’impunité accordée aux responsables et l’absence de volonté politique sérieuse expliquent la persistance du phénomène de la torture. Le CNLT réitère sa condamnation vigoureuse de cette situation et rappelle que l’attitude face aux minorités, aux franges les plus fragiles de la population, et notamment les prisonniers,  constitue la mesure de la civilisation. Le CNLT exige que le pouvoir respect ses engagements devant les Nations unies concernant le traitement des prisonniers et qu’il applique l’ensemble des articles des Conventions internationales relatives à cette question en permettant la réalisation d’une enquête sérieuse afin de mettre en œuvre les réformes qui s’imposent.

      3.         Le CNLT exprime sa pleine solidarité avec la grève de la faim tournante organisée tous les mercredi par des militants des droits humains  en défense de Hamma Hamami, Amar Amroussia, Abdeljabbar Meddouri, Samir Taamallah et tous ceux qui sont contraints à la clandestinité en raison de leur combat pour les libertés et les droits humains. Le CNLT joint sa voix à la leur pour exiger l’abandon des poursuites à leur encontre et leur retour à une vie normale.

 

Tunis le 25 juillet ‏2000‏

Pour le Conseil,

Le Porte-parole :

D.Moncef Marzouki

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En l'An 2000 Bourguiba nous a quitté...

Il a quitté ce monde avec ses certitudes et ses convictions

 Les tunisiens survivent !!!! sans lui

 

La Tunisie vit sans lui, il survit...

Habib Bourguiba
Onze ans  de solitude

Dépossédé du pouvoir depuis 1987, le " combattant suprême " mène une vie

Courant mai 1998, l'ancien Président tunisien, Habib Bourguiba, aurait été brièvement hospitalisé à Tunis avant de regagner sa résidence de Monastir. De quoi alimenter, dans les chancelleries occidentales, quelques interrogations. En cas de décès, qui représenterait les différents pays concernés aux obsèques nationales du père de l'indépendance tunisienne ? La question n'est pas, n'est plus d'actualité. Elle le redeviendra. Rien d'étonnant à ce que l'on ait oublié l'ex président à vie, déposé le 7 novembre 1987   par son ministre de l'Intérieur, Zine el-Abidine Ben Ali  après que sept médecins l'eurent jugé hors d'état de remplir ses fonctions. Victime de plusieurs crises cardiaques à partir de 1967, atteint deux ans plus tard d'une hépatite virale, souffrant de psychose maniaco-dépressive et de la maladie de Parkinson, le fondateur du Néo-Destour avait effectué de fréquents séjours à l'étranger pour y recevoir des soins. Mais ses brusques accès de colère, ses " absences " lors des conseils des ministres et le rôle disproportionné joué par certains membres de son entourage, en particulier sa nièce Saïda Sassi, faisaient jaser.
Pis, Il régnait alors sur l'ancienne Régence un angoissant climat de fin de règne qui faisait voir l'avenir sous les pires auspices. A l'époque, c'était la Tunisie,  et non l'Algérie, qui paraissait devoir basculer selon un scénario à l'iranienne, l'ayatollah Khomeyni local étant l'inquiétant Rached Ghannouchi, fondateur du MTI (mouvement de la Tendance islamiste, devenu plus tard Ennahda). Autant dire que, en réalisant sans verser une goutte de sang la destitution du Combattant suprême, Ben Ali put,  en novembre 1987, bénéficier d'un quasi-consensus tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de son pays.
Restait à opérer la " débourguibisation " de la Tunisie, tâche peu aisée. La fonte des glaces prit un an ... C'est en effet en octobre 1988 que la gigantesque statue équestre de Bourguiba trônant place d'Afrique, à l'entrée de Tunis, fut déboulonnée. Dans la foulée, on transforma les avenues Habib Bourguiba en avenues du 7 novembre. Bien avant ce premier anniversaire, les portraits de Ben Ali avaient déjà pris la place de ceux du Combattant suprême et, dés le 15 novembre 1987, l'on avait changé l'hymne national.
Rayé de la mémoire collective, Bourguiba avait, dés le 10 novembre 1987, quitté le palais de Carthage pour une villa de Mornag, avec sa nièce, son médecin, son dentiste et quelques domestiques. L'atmosphère tourna vite à une    sorte de huit clos infernal caractérisé par la dégradation des relations entre Bourguiba et sa nièce qui, murmurait-on, pré férait désormais la prison à la vie avec son illustre parent.
En octobre 1988, l'ancien Président fut transféré à Monastir. Débarrassé de son encombrante nièce, Bourguiba fut hébergé dans l'ancienne villa du gouverneur, entourée d'un vaste jardin. Principales activités : Le repos, des repas légers, la télévision, la lecture de la presse française et de biographes de dirigeants révolutionnaires français (Mirabeau, Robespierre) ainsi que la récitation de poètes français du XIXe siècle ( Vigny, Hugo) dont l'ancien président connaît par cœur des centaines de vers.
Son premier contact avec le monde extérieur depuis sa déposition sera sa rencontre, le 14 mars 1989, avec Marie-Claire Mendès France, veuve de l'ancien président du Conseil, principal artisan, côté français, de l'accession de la Tunisie à l'indépendance. Quelques semaines après, le 2 avril 1989, on vit Bourguiba effectuer sa première sortie en public pour aller déposer dans l'urne un bulletin lors de l'élection du nouveau - et seul candidat - président de la République Ben Ali. Une séance largement diffusée en raison de la déclaration faite par l'ancien chef d'Etat : "  Je vote pour Ben Ali, mon fils. "
Signe du caractère irréversible de la " débourguibisation ", le Combattant suprême fut officiellement reçu le 13 mai 1990 au palais de Carthage par son successeur, qui lui annonça qu'il était " désormais libre de ses mouvements ". A l'époque, les mauvaises langues prétendirent que les premiers mots de Bourguiba, furent : "  Bon, ça va, je suis guéri, je peux reprendre le travail ! " En fait, Bourguiba resta cloîtré à Monastir. Mais les visites de ses proches furent facilitées.
Les portes de la villa de Monastir s'entrouvrirent une seule fois pour la presse le 4 novembre 1991. Quelques journalistes purent s'entretenir avec l'ancien chef d'État. Il fut question essentiellement  de la guerre du Golfe, de l'intransigeance israélienne sur la question palestinienne et de quelques épisodes de la vie du leader déchu. Depuis cette date, Bourguiba n'a plus eu de contact avec le monde extérieur, à l'exception de la visite que lui rendit, le 13 mai 1993, le Président Ben Ali, venu lui déclarer : " Vous êtes notre Père ". Un père orphelin de ses enfants ...
                                                                                                     Patrick Girard

" EDJ " du 23 au 29juillet 1998


à lire et faire relire...

 

2eme copie de l'article

L'article est signé par Patrick Girard de l'hebdomadaire " Événement Du Jeudi,
" EDJ " du 23 au 29juillet 1998 "

La Tunisie vit sans lui, il survit...

Habib Bourguiba
Onze ans  de solitude

Dépossédé du pouvoir depuis 1987, le " combattant suprême " mène une vie

Courant mai 1998, l'ancien Président tunisien, Habib Bourguiba, aurait été brièvement hospitalisé à Tunis avant de regagner sa résidence de Monastir. De quoi alimenter, dans les chancelleries occidentales, quelques interrogations. En cas de décès, qui représenterait les différents pays concernés aux obsèques nationales du père de l'indépendance tunisienne ? La question n'est pas, n'est plus d'actualité. Elle le redeviendra. Rien d'étonnant à ce que l'on ait oublié l'ex président à vie, déposé le 7 novembre 1987  par son ministre de l'Intérieur, Zine el-Abidine Ben Ali   après que sept médecins l'eurent jugé hors d'état de remplir ses fonctions. Victime de plusieurs crises cardiaques à partir de 1967, atteint deux ans plus tard d'une hépatite virale, souffrant de psychose maniaco-dépressive et de la maladie de Parkinson, le fondateur du Néo-Destour avait effectué de fréquents séjours à l'étranger pour y recevoir des soins. Mais ses brusques accès de colère, ses " absences " lors des conseils des ministres et le rôle disproportionné joué par certains membres de son entourage, en particulier sa nièce Saïda Sassi, faisaient jaser.
Pis, Il régnait alors sur l'ancienne Régence un angoissant climat de fin de règne qui faisait voir l'avenir sous les pires auspices. A l'époque, c'était la Tunisie,  et non l'Algérie, qui paraissait devoir basculer selon un scénario à l'iranienne, l'ayatollah Khomeyni local étant l'inquiétant Rached Ghannouchi, fondateur du MTI (mouvement de la Tendance islamiste, devenu plus tard Ennahda). Autant dire que, en réalisant sans verser une goutte de sang la destitution du Combattant suprême, Ben Ali put,  en novembre 1987, bénéficier d'un quasi-consensus tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de son pays.
Restait à opérer la " débourguibisation " de la Tunisie, tâche peu aisée. La fonte des glaces prit un an ... C'est en effet en octobre 1988 que la gigantesque statue équestre de Bourguiba trônant place d'Afrique, à l'entrée de Tunis, fut déboulonnée. Dans la foulée, on transforma les avenues Habib Bourguiba en avenues du 7 novembre. Bien avant ce premier anniversaire, les portraits de Ben Ali avaient déjà pris la place de ceux du Combattant suprême et, dés le 15 novembre 1987, l'on avait changé l'hymne national.
Rayé de la mémoire collective, Bourguiba avait, dés le 10 novembre 1987, quitté le palais de Carthage pour une villa de Mornag, avec sa nièce, son médecin, son dentiste et quelques domestiques. L'atmosphère tourna vite à une    sorte de huit clos infernal caractérisé par la dégradation des relations entre Bourguiba et sa nièce qui, murmurait-on, pré férait désormais la prison à la vie avec son illustre parent.
En octobre 1988, l'ancien Président fut transféré à Monastir. Débarrassé de son encombrante nièce, Bourguiba fut hébergé dans l'ancienne villa du gouverneur, entourée d'un vaste jardin. Principales activités : Le repos, des repas légers, la télévision, la lecture de la presse française et de biographes de dirigeants révolutionnaires français (Mirabeau, Robespierre) ainsi que la récitation de poètes français du XIXe siècle ( Vigny, Hugo) dont l'ancien président connaît par cœur des centaines de vers.
Son premier contact avec le monde extérieur depuis sa déposition sera sa rencontre, le 14 mars 1989, avec Marie-Claire Mendès France, veuve de l'ancien président du Conseil, principal artisan, côté français, de l'accession de la Tunisie à l'indépendance. Quelques semaines après, le 2 avril 1989, on vit Bourguiba effectuer sa première sortie en public pour aller déposer dans l'urne un bulletin lors de l'élection du nouveau - et seul candidat - président de la République Ben Ali. Une séance largement diffusée en raison de la déclaration faite par l'ancien chef d'Etat : "  Je vote pour Ben Ali, mon fils. "
Signe du caractère irréversible de la " débourguibisation ", le Combattant suprême fut officiellement reçu le 13 mai 1990 au palais de Carthage par son successeur, qui lui annonça qu'il était " désormais libre de ses mouvements ". A l'époque, les mauvaises langues prétendirent que les premiers mots de Bourguiba, furent : "  Bon, ça va, je suis guéri, je peux reprendre le travail ! " En fait, Bourguiba resta cloîtré à Monastir. Mais les visites de ses proches furent facilitées.
Les portes de la villa de Monastir s'entrouvrirent une seule fois pour la presse le 4 novembre 1991. Quelques journalistes purent s'entretenir avec l'ancien chef d'État. Il fut question essentiellement  de la guerre du Golfe, de l'intransigeance israélienne sur la question palestinienne et de quelques épisodes de la vie du leader déchu. Depuis cette date, Bourguiba n'a plus eu de contact avec le monde extérieur, à l'exception de la visite que lui rendit, le 13 mai 1993, le Président Ben Ali, venu lui déclarer : " Vous êtes notre Père ". Un père orphelin de ses enfants ...
                                                                                                               Patrick Girard


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En l'An 2000 Bourguiba nous a quitté...

Il a quitté ce monde avec ses certitudes et ses convictions