Une adolescente de dix-sept ans en grève de la faim à Tunis |
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Mis à jour le mardi
11 juillet 2000 Appelé par le comité de soutien à Hamma Hammami à jouer un rôle de médiateur, l'historien Mohamed Talbi a rencontré le 3 juillet le ministre chargé des droits de l'homme, Afis Hindaoui, et s'est de nouveau entretenu avec lui par téléphone lundi dernier. « On ne peut pas faire d'exception, m'a dit le ministre. Le droit, c'est le droit, déplore-t-il, cela veut donc dire que Hamma Hammami doit se livrer à la justice et très probablement être incarcéré avant que ses avocats puissent intenter quoi que ce soit, ce qui est inacceptable pour Nadia ». « AMBIANCE INSUPPORTABLE » Au ministère tunisien de la justice, on souligne en effet que Hamma Hammami pourrait faire réexaminer son cas, s'il sortait de sa clandestinité, et bénéficier, « le cas échéant, d'une remise de peine ou d'une réduction de sa durée ». Me Mohktar Trifi, l'avocat de l'opposant, réclame auparavant des garanties pour que son client ne soit pas arrêté au cas où il ferait sa réapparition. « Une telle mesure débloquerait la situation et peut être prise sans enfreindre aucun texte juridique », souligne-t-il. En principe, Nadia Hammami devrait arriver en France mercredi 14 juin, à l'invitation du Comité pour le respect des libertés et des droits de l'homme en Tunisie (CRLDH). « Il n'est pas question que ma fille poursuive là-bas sa grève de la faim, indiquait très fermement Radhia Nassraoui, à la veille de son départ. Je l'envoie en France avec sa soeur Ousseïma, âgée de onze ans, pour que toutes deux échappent à l'ambiance insupportable dans laquelle elles vivent en Tunisie, et mon souhait est que Nadia aille comme les enfants de son âge au jardin des Plantes, à Eurodisney, ou encore en Bretagne. » L'adolescente, pour sa part, tenait bon : « Je
poursuivrai ma grève de la faim en France aussi longtemps que le cas de mon père ne sera
pas réglé. Rien ne pourra m'arrêter. » Florence Beaugé
Un opposant de longue dateHamma Hammami, époux de l'avocate et militante des droits de l'homme Radhia Nassraoui, vit dans la clandestinité depuis février 1998. Porte-parole du Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT, interdit), âgé de 48 ans, il a été condamné par contumace en juillet 1999 à 9 ans et 3 mois de prison pour « maintien d'une association interdite », et « incitation à la désobéissance et violation des lois ». Opposant pacifiste de longue date au régime tunisien, il a passé la majeure partie de sa vie entre la prison et la clandestinité, et souffre de séquelles provoquées par la torture subie lors de ses arrestations répétées. La découverte de la grossesse de son épouse, l'année dernière, alors qu'il était toujours activement recherché par la police, avait été ressentie comme une véritable provocation par le pouvoir tunisien.
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