INFORMATIONS du 31 mai 1999
Hafef Ben Rouina et Imane Darwich , deux des co-inculpées de Maître Radhia Nassraoui sont en grève de la faim depuis le lundi 31 mai 1999.
A peine remises de la dernière grève de la faim quelles ont du cesser le 21 mai 1999 , Afef Ben Rouina et Imane Darwich ont recommencé à cesser de s'alimenter depuis le lundi 31 mai 1999 pour protester contre le non respect par les autorités des promesses faites quant à lamélioration de leurs conditions de détention.
Le CRLDHT a exprimé ses très vives inquiétudes quant à la gravité de létat de santé des deux étudiantes et en particulier celle de Imen Derwiche qui a dû être hospitalisée le mercredi 19 mai 1999 pour une baisse de tension et des problèmes cardiaques.
Il exige des autorités de traduire les promesses faites aux étudiantes dans les faits et dassurer les soins nécessaires à la sauvegarde de la vie des étudiantes.
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Le harcèlement des défenseurs des droits de lhomme ... suite
Une dizaines dagents de police ont investi, le matin tôt le 24 mai 1999, la maison de Mr Saleh Hamzaoui alors quil était parti au travail en laissant son fils Yacine dormir. Ils sont rentrés sans mandat de perquisition et ont visité toute la maison; chaque chambre, le jardin et le toit etc.
Ils ont déclaré poursuivre une personne recherchée. Ils ont voulu emmener Yacine mais il a refusé parce quils n'avaient pas de mandat du procureur; un policier lui a répondu " quil est plus fort que le procureur ". Ils ont quitté la maison sans emmener Yacine.
Salah Hamzaoui a l'intention de porter plainte pour violation de
domicile.
M. Salah Hamzaoui, chercheur sociologue au CNRS à Tunis, est ancien secrétaire général
du Syndicat de lenseignement supérieur et président dun Comité de défense
des prisonniers politiques en Tunisie , qui a existé pendant quelques mois. Il est sans
passeport depuis 1992, date à laquelle il a été arrêté puis relâché; il est par
conséquent empêché de quitter le territoire. Il a été contraint de rencontrer la
famille algérienne de la fiancée de son fils à la frontière tuniso-algérienne pour
remplir certaines formalités du mariage.
M. Hamzaoui a renouvelé sa demande de passeport auprès du ministère de
lIntérieur en juillet 1997. Il y fut convoqué et un refus oral lui a été
opposé. Il a depuis saisi la Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de lHomme
( LTDH) qui est intervenue auprès du Ministre de lIntérieur mais na obtenu
aucune réponse. M. Salah Hamzaoui a saisi par la suite la Commission Nationale des Droits
de lHomme ( structure officielle) qui na pas répondu à sa requête .Inscrit
en thèse dEtat à lUniversité de Paris VII, M. Saleh Hamzaoui a besoin de
venir en France pour rencontrer son directeur de thèse et assurer laboutissement de
sa recherche.
Le CRLDHT rappelle que ce genre de " descente policière " est utilisée pour
terroriser et intimider les personnes et notamment les défenseurs des droits de
lhomme comme cétait le cas pour Abdelkarim Allagui qui a été victime de ce
procédé policier en 1998. Le CRLDHT dénonce cette pratique policière et demande aux
autorités tunisiennes de délivrer un passeport à Mr Saleh Hamzaoui.
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Madame Khadija Cherif a été lobjet dune filature policière rapprochée pendant une dizaine de jours. Une Peugeot 106 de couleur bleue et immatriculée 4735 TU 87 la suivie dans tous ses déplacements dune manière ostentatoire. Khédija Cherif , sociologue, est connue pour son engagement pour la promotion et la défense des droits de lhomme en Tunisie et dans le monde. Elle est membre de la Ligue Tunisienne des droits de lhomme ( ancienne vice-présidente ) , de lATFD ( ancienne vice-présidente ) et du Conseil national des libertés en Tunisie. Elle assume des responsabilités importantes dans plusieurs ONG internationales des droits de lhomme ; elle est membre du conseil exécutif dHumain Right Network. **************************************************************
Encore un autre procès politique à Tunis...
passé inaperçu !Bachir ABID, Ali JALLOULI et Abdelmoumen BELANES ont
été jugés le 19 mai 99 par le tribunal de 1ère instance de Tunis (6ème chambre
correctionnelle) et ont été condamnés à 18 mois de prison ferme (une année pour
incitation à commettre des crimes contre la sûreté intérieure de lEtat et 6 mois
pour distribution de tracts de nature à perturber lordre public).
Laffaire remonte à novembre 1995 (Jallouli et Abid avaient été arrêtés le
28/11/95 et Belanes le 30/11/95); ils avaient été détenus en garde à vue au delà des
limites prévues par la loi et avaient été sauvagement torturés; les demandes
dexpertise médicale et denquête avaient été ignorées par le juge; ils
avaient été maintenus en détention préventive plusieurs mois puis mis en liberté
provisoire (Abidi libéré le 19 mars 96, Jallouli le 16 avril 96 et Belanes le 17 avril
96). Amnesty International a fait plusieurs Actions Urgentes pour dénoncer la torture
subie par ces personnes. Depuis, le procès a traîné car le juge a toujours refusé de
donner aux avocats de la défense copies des tracts sur la base desquelles ils ont été
poursuivis (les 2 chefs dinculpations retenus relèvent du code de la presse).
Par ailleurs, aucune suite na été donnée à ce jour aux
plaintes pour torture et aux demandes denquête. Entre-temps les 3 inculpés ont
été emprisonnés pour dautres affaires dopinion. B.Abid est actuellement en
liberté; A.Jallouli est détenu depuis le 21 février 98 dans le cadre de laffaire
de Maître Radhia où il est lun de ses vingt co-inculpés. A.Belanes est détenu
depuis le 21 février 1999 dans le cadre dune nouvelle affaire pour laquelle
linstruction est toujours en cours et les chefs dinculpation exacts ne sont
pas encore connus. Il y a eu plusieurs audiences mais chaque fois reportées car les
avocats nont toujours pas obtenu le dossier complet (les fameux tracts ne leur ont
toujours pas été donnés). La dernière audience a eu lieu au mois davril 99 et
puis il y a eu celle du 19 mai 99. A. Jallouli et A.Belanes ont été amenés mais B.Abid
na même pas été convoqué (alors que à laudience précédente en avril le
juge avait dit quil allait le convoquer) et lorsque les avocats (Radhia Nassraoui,
Anouar Kousri, Mokhtar Trifi, Bachir Essid, Hamid Ben Mahrez etc.) ont demandé pourquoi
B. Abid navait pas été convoqué le juge a dit que ce nétait pas
nécessaire car il avait déjà été présent une autre fois.
Alors que les avocats sattendaient à un autre report car la question des pièces
(les tracts) qui manquent au dossier nétaient toujours pas disponibles,
dautres questions de procédure navaient toujours pas été réglées et les
avocats navaient pas encore plaidé, le juge a annoncé le verdict (voir premier
paragraphe). Tout à chacun a trouvé cette façon de procéder du juge bizarre mettant
cela sur le compte de la récente dégradation générale de la situation.
Les trois accusés sont en liberté pour ce procès en attendant lappel et il
ny a pas eu de mandat dexécution. Donc B.Abid est en liberté et A.Jallouli
et A.Belanes, qui vient davoir une petite fille, restent détenus en attente de
procès pour les deux autres affaires.