COLLECTIF DE LA COMMUNAUTE TUNISIENNE EN EUROPE
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Communiqué
Dénonçons la politique française contre l’opposition maghrébine en exil
Salah Karker est lui aussi victime de machinations politico-policières françaises
Salah Karker doit être libéré immédiatement et inconditionnellement
Paris, le 21 juillet 2000
Nous en avons assez de la politique répressive de la France menée contre l’opposition politique maghrébine en France. La France n’a cessé de soutenir les régimes les plus barbares d’Afrique et du Maghreb pour des raisons
prétendument stratégiques et économiques. C’est tout simplement le réflexe et le complexe colonialistes que les politiques français n’ont pas réussi jusqu’ici à surmonter. C’est tout simplement la politique du plus fort, et de la domination brutale qui se perpétuent à travers les siècles.
La France de Chirac-Jospin, comme hier, la France de Mitterrand, soutient le régime criminel, dictatorial et corrompu de Ben Ali. C’est la France qui est responsable de l’exil des milliers de Tunisiens en France, en Europe, et dans le monde. Sans le soutien de la France, Ben Ali ne resterait pas un seul jour de plus au pouvoir.
Conséquents avec eux-mêmes, Chirac-Jospin, responsables de l’exil des milliers de Tunisiens en France, prennent le relais de la répression en France. On leur accorde difficilement le statut de réfugiés, on les tracasse, on les réprime. Comme au bled. On ne trouve pas l’opposition assez terroriste. Alors on lui fabrique de faux procès. On lui colle des documents compromettants.
Avant de s’attaquer aux opposants algériens en novembre 1993 à l’aide des services, Pasqua a fait ses dents quelques mois auparavant sur Salah Kerker, opposant islamiste pacifique, réfugié en France de l’époque de Bourguiba. Le Ministre Tunisien de l’Intérieur de l’époque, comme de nos jours, Abdallah Kallal, n’a pas cessé de faire le va-et-vient entre Tunis et Paris. Objectif : obtenir la tête du n° 2 d’Ennahda. Quelques articles dans le journal Minute, écrits en collaboration avec le Ministère de l’Intérieur tunisien, s’en prenant au laxisme de Pasqua envers les « terroristes » tunisiens, et l’affaire est dans la poche. Trois semaines après cette campagne médiatique, Pasqua prend un arrêté d’expulsion contre Salah Karker, suivi quelques heures plus tard, par un arrêté d’assignation à résidence sur une île bretonne.
Opération réussie, puisque quelques semaines plus tard, le même Pasqua s’en prend à l’opposition algérienne, avec de faux documents à la clé.
L’assignation de Salah Karker à résidence par l’Etat français est illégale, inhumaine et injuste. Nous la condamnons avec force et avec beaucoup de colère.
La communauté tunisienne en exil exige de la France la libération immédiate et inconditionnelle de Salah Karker qui souffre de sept ans de privation de liberté de déplacement, et surtout de vie familiale douloureuse. Nous demandons en outre que la France s’excuse de ce traitement inhumain et injuste infligé à un exilé qu’elle s’est engagée à protéger selon la Convention de Genève. Nous demandons que des réparations morales et matérielles lui soient accordées ainsi qu’à sa famille.
Le Président : Mondher Sfar