Il est de notre devoir de réagir et d’informer sur ce cas, qui pourrait être l’un des 380 000 tunisien d’Europe.
Chers tous,
Nous n'avons toujours pas de nouvelles de Mehdi Zougah.
Pour l’efficacité, veuillez agir auprès des autorités françaises dont
relève Mehdi, ne en France, enfants nés en France, de mère française de
souche. Il est inadmissible que la France ne veuille pas assumer ses
responsabilités de protection d'un de ses ressortissants.
Identité : Mehdi Zougah,
né à Decines-Charpieu (Rhône) le 30 septembre 1969
de mère française,
ayant 2 enfants nes en France
a la double nationalité,
Demeurant à Marseille ou sa femme Mme Nahla Zougah est restée avec ses deux
enfants Bilel (2 ans et demi, qui ne cesse de réclamer son père) et Assia
(10 mois)
Il a obtenu son passeport tunisien quelques jours avant d'aller en Tunisie.
le vendredi 11 août 2000 a bord de l'avion de Tunis Air pour Tunis (Vol n°
6781).
A son arrivée à l’Aéroport de Tunis-Carthage, il a été aperçu entre
deux policiers.
Depuis ce jour, Mehdi n'a plus donne signe de vie.
Il faudrait agir auprès du Consulat français en Tunisie en appelant le
portable suivant : (0)9336511. Appeler aussi le cabinet du Ministère
français des affaires étrangères : (0)1 43 17 53 53 (Std a Paris) et
L’Elysée : (0)1 42 92 81 00 ainsi que l'AFP à Tunis : 216-1-330124.
Merci à tous:
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Chers tous,
Aujourd'hui, Mehdi Zougah, franco-tunisien passe sa dixième journée de
rétention par la police politique à Tunis et sa famille est toujours sans
nouvelles de lui. Je suis intervenu personnellement auprès de l'ambassade
de France a Tunis. Réponse : elle s'en lave les mains, le fait qu'il soit
aussi français ne l’intéresse pas. Belle leçon pour tous ceux qui portent
la double nationalité.
Les informations que nous avons eues auprès de ses proches confirment de
façon nette que Mehdi Zougah a été victime d'un traquenard tendu par les
services tunisiens qui lui ont fait croire qu'il pouvait rentrer sans
problèmes en Tunisie. On lui a préparé un passeport et régularisé ses
papiers consulaires a la dernière minute et en un temps record.
Le père de la victime va tenter de libérer son fils demain lundi ou il va
se rendre au Ministère de l’Intérieur. Je vous informerai du résultat de
cette démarche.
Amicalement :
Mondher Sfar
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Jooneed KHAN
Chroniqueur, Politique internationale
La Presse, Montréal
Mesdames et Messieurs, chers panélistes, combattants tunisiens, maghrébins et de tous pays Un rapide coup d’œil sur la presse tunisienne de ces derniers jours
disponible sur l’Internet nous apprend que le Présidant Ben Ali a signé
tel projet de loi, reçu tel ou tel ministre ou pdg, accepté les lettres
de créances de tel ambassadeur, dépêché des missions d’affaires dans
tel ou tel pays.
Nous apprenons que la production et les exportations de poissons et de
dattes augmentent, mais que celles de l’huile d’olive baissent, que le
tourisme est à la hausse, que la Tunisie compte 11.000 ingénieurs et
200.000 cartes de crédit, que le secteur privé a recruté 4.600 diplômés
d’université dans le cadre d’une campagne d’embauche commencée en juin.
Cette presse nous apprend aussi que la Tunisie a signé des contrats
avec la firme canadienne Eurogas International et la firme américaine GHP
Exploration pour l’exploration d’hydrocarbures dans le sud du pays, le
long de la frontière algérienne, que le portugaise Cimpor et l’espagnole Uniland ont acquis deux cimenteries pour 400 millions de dollars cash, ce qui doit aider le Trésor tunisien à financer le déficit budgétaire, que 747 firmes sur un total visé de 2000 ont déjà adopté des plans de modernisation pour faire face à la concurrence
mondiale, que les ministres de l’énergie de sept pays méditerranéens
(Tunisie, Maroc, Algérie, Libye, Egypte, Espagne et Italie) se sont rencontrés à
Rome pour discuter de moderniser leurs systèmes d’électricité en vue de les relier-en un réseau régional, et que le président français Jacques Chirac a effectué en Tunisie un "visite privée" de trois jours au cours de laquelle il a eu des entretiens avec le président Ben Ali.
Enfin, en marge d’abondantes nouvelles sur les fortunes et infortunes des équipes de football nationales, la presse tunisienne nous apprend que la Chambre des députés a adopté un amendement à la loi sur les passeports.
Pour les détails, il faut consulter l’agence Reuter, qui nous dit que la nouvelle loi soumet désormais à l’approbation des tribunaux le retrait des passeports aux citoyens tunisiens. Retrait des passeports? C’est malheureusement une réalité dans ce pays de tourisme, de dattes, de poissons, d’huile d’olive et d’hydrocarbures, de
modernisation et de mondialisation, réalité que vivent plus
particulièrement les critiques du pouvoir et les militants des droits de la personne.
La nouvelle loi était aussitôt dénoncé par certains députés, dont l’indépendant Salem Rejeb, et les organisations de droits comme une manoeuvre de l’administration pour faire couvrir ses pratiques antidémocratiques par les tribunaux.
La vie, la vraie vie quotidienne des Tunisiennes et Tunisiens, ce n’est pas dans la presse nationale qu’on peut la voir vibrer et lutter. C’est plutôt par les récits de Tunisiens d’ici rentrés de visites déchirantes au pays natal, et parfois par des films réalisés par des exilés, comme Essaïda de Mohamed Zran ou même Demain Je Brûle de Mohamed Ben Smaïl projetés la semaine dernière à Montréal, qu’on arrive à la toucher du doigt. "C’est l’État policier omniprésent, c’est la peur, c’est la malvie avec l’exode rural, le chômage explosif, des salaires de misère, face à une petite élite omnipuissante, jouisseuse et corrompue", disent-ils en substance, en demandant bien sûr à ne pas être identifiés, afin de protéger leurs familles restées là-bas et de conserver leurs passeports.
Ça prend une visite au site de Freedom House, à Londres, pour découvrir que le général Ben Ali se classe 19e dans un douteux palmarès des 25 principaux ennemis de la liberté d’expression et de liberté de la presse dans le monde, après le général soudanais Omar al-Béchir et avant le général algérien Liamine Zéroual. La même organisation cote la Tunisie de Ben Ali à 6 pour les droits politiques et 5 pour les
libertés civiles, sur une échelle de 1 à 7 où 1 représente la maximum de
libertés et 7 le minimum. Et l’organisation humanitaire Amnesty International
rapportait cette semaine que les violations des droits de la personne
et les persécutions à l’égard de celles et ceux qui essaient de les
défendre se multiplient en Tunisie malgré les efforts de "propagande" du
gouvernement pour améliorer son image dans ce domaine.
"En plus de l’emprisonnement, de la torture et du harcèlement, les autorités ont introduit les écoutes téléphoniques, l’interception des télécopies et du courrier", affirme l’organisation dans un rapport rendu public à Londres mercredi.
"Elles ont même entrepris des campagnes diffamatoires, en diffusant des
montages photo et vidéo montrant leurs critiques dans des positions compromettantes, pour intimider les défenseurs de droits humains et
entraver leurs activités", affirme Amnesty, qui poursuit : "Les autorités ont
pris les défenseurs des droits de la personne comme ultime cible dans le contexte de leur intolérance croissante à l’égard de toute dissension, critique ou opposition politique ces huit dernières années".
Le rapport cite le vice-président de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme, Khemaïs Ksila, l’ancien président de la ligue Moncef Marzouki, "quotidiennement harcelé", l’avocat Najib Hosni, les avocates Radhia Nasraoui et Najet Yaqoubi, et l’opposant Mohamed Moada.
La section canadienne-francophone d’Amnistie affirmait de son côté, dans un communiqué émis mercredi : "Les autorités tunisiennes n’ont épargné aucun effort pour essayer d’améliorer leur image en matière de droits humains, créant différentes institutions officielles de défense de droits ainsi qu’un site Internet appelé de manière trompeuse et diffusant la propagande officielle sur le sujet. En outre, l’accès au site d’Amnistie internationale et à d’autres sites Web contenant des informations sur la situation des droits humains en Tunisie est bloqué".
Dans la foulée, Liberty for the Muslim World, une organisation basée à
Londres, dénonçait pour sa part la répression contre les familles et les amis des opposants et critiques du régime en exil.
La Tunisie a beau avoir un Parlement et des tribunaux, exporter dattes, poissons et huile d’olive, céder des cimenteries et des concessions d’hydrocarbures aux intérêts étrangers, accueillir des touristes européens et nord-américains en nombre croissant, et servir de lieu de villégiature au chef de l’État français, son
gouvernement ne saurait être qualifié de démocratique; il se caractérise en fait
par un anti-démocratisme militant, ouvert et sournois à la fois, en tout cas
totalitaire et tentaculaire.
Cette Tunisie là, province rapprochée de l’empire néolibérale dominée
par le G-7, souvent appelé "Groupe de démocraties industrielles" dans
nos médias, n’est pas, elle, vouée à la démocratie.
Elle s’érige même en modèle d’anti-démocratie, en une sorte de laboratoire
de totalitarisme soft, à visage rassurant, voire convivial envers l’étranger.
Hier l’ennemi était communiste, aujourd’hui il est islamiste, démocrate ou libertaire. LaTunisie a beau tenir sa spécificité historique et culturelle propre, du Maroc à la Palestine, le cri dominant est le même :
pérennité des castes au pouvoir et lutte au terrorisme. La Tunisie n’y échappe pas. Entre États arabes seulement, elle est en bonne compagnie au chapitre des violations et privations des libertés, figurant avec l’Algérie, l’Arabie saoudite, Bahrein, Djibouti, l’Égypte, l’Irak, le Koweït, le Liban, la Mauritanie, le Maroc, le Qatar,
la Somalie, le Soudan, la Syrie et le Yémen au palmarès noir de Freedom
House.
Au nom de la séparation entre l’État et la religion, l’État fait la guerre aux islamistes en Algérie, mais aussi en Tunisie et ailleurs. Or selon une tradition que Rachid Ghannouchi, le dirigeant en exil du mouvement tunisien Al-Nahda, fait remonter aux premiers siècles de l’islam, c’est l’État arabe lui-même qui a intégré la religion
à la politique, en instrumentalisant l’islam comme axe de gestion stratégique. Quand l’imam de la mosquée est issu du ministère de l’Intérieur, on ne peut guère parler de séparation de l’État et de l’Église.
Il n’est pas inutile ici de souligner que Thomas Jefferson, l’un des architectes de la Révolution américaine, écrivait dans une lettre à une association baptiste en 1802 que le mur entre l’Église et l’État signifie que c’est l’État qui ne doit pas s’immiscer
dans les affaires de l’Église car "la religion est une affaire qui relève strictement du rapport entre l’être humain et son Dieu".
Les Tunisiens qui se battent courageusement pour la démocratie ffrontent certes l’État benaliste et la "démocratie benalisée" sur le terrain; mais en fait, c’est le système mondial qu’ils défient. Ils doivent pouvoir compter sur la solidarité de celles et ceux qui, au Québec et au Canada, tiennent vraiment à la démocratie, à une
démocratie universelle et indivise, comme ces courageux étudiants de Vancouver aspergés au poivre de cayenne par les autorités canadiennes pour avoir osé dénoncer,
ici, la "démocratie golkarisée" derrière laquelle se dissimule la dictature en Indonésie.
L’Empire américain donne le ton. "La Tunisie est un pays qui a fait des progrès impressionnants en vue d’établir une économie de marché diversifiée au cours des 10 dernières années", notait le secrétariat d’État en 1996, quoiqu’il soulignait aussi, dans un autre rapport, que le parti RCD de Ben Ali et ses prédécesseurs directs ont monopolisé le pouvoir en Tunisie depuis 1956, que la Chambre des députés est un
Parlement tampon, et que le droit des citoyens de changer de gouvernement par des moyens démocratiques reste à démontrer.
Je salue ici le courage de mes confrères et consoeurs du magazine Maghreb observateur, qui ont publié en février un dossier choc sur l’univers carcéral du général Ben Ali. Le fait que j’en ai pris connaissance seulement dans le cadre de la recherche en vue de ce colloque indique certes mes propres manquements, mais cela indique aussi combien demeure incomplet le réseau d’échanges nécessaire à ce combat transnational, même dans Montréal.
Permettez-moi enfin de vous communiquer les propos d’un infatigable militant tunisien des droits de la personne, Ali Saïdi, qui s’est beaucoup démené pour sensibiliser le Canada et le Québec à la répression dans son pays natal.
"Voilà des années que les Tunisiens de l’étranger vivent au rythme des éternuements d’un système qui s’était fait le chantre des droits de la personne pour séduire de nombreux militants des années 1970. Les promesses du 7 novembre 1987 avaient suscité un espoir, mais cet espoir s’est vite dissipé. Le danger qui nous menace aujourd’hui, c’est l’acceptation d’un état administratif se contrôlant lui-même et ne prospérant que pour une poignée de protégés, qui a fait main basse
sur les valeurs et les idéaux pour lesquels nous militons.
"Pays de mes racines, je te chéris, bien que l’administration m’ait banni sans procès et m’ait refusé en 1995 un passeport que je pensais être un droit, pour l’unique raison d’avoir rappelé au pouvoir ses propres lois et règles et ses propres obligations
contractuelles et conventionnelles. `La situation mérite réflexion. Vous le faites
aujourd’hui à Montréal.
Je me joins à vous pour relayer l’appel des démocrates afin de rompre avec le système du parti unique et de concrétiser les principes fondamentaux de souveraineté populaire, d’État de droit, de séparation des pouvoirs, d’intégrité physique du citoyen, et de suprématie des institutions sur les personnes et les intérêts
privés, afin que la Tunisie joue son rôle dynamique dans la construction du Maghreb et occupe la place qui lui revient dans l’espace méditerranéen".
Nos deux panélistes, Mme Lise Garon et Monsieur Ahmad Manaï, sont nettement mieux placés que moi pour vous entretenir du cas tunisien et plus particulièrement du phénomène Ben Ali. Mme Garon, professeure de communication publique à l’Université Laval, a consactré ses recherches à l’évolution des libertés publiques au Maghreb. Elle est l’auteure du livre Le Silence Tunisien, Les Alliances Dangereuses au Maghreb, paru cette année chez L’Harmattan. Monsieur Manai, agronome, est
rescapé d’un des repaires des Renseignements généraux tunisiens. De retour au pays pour célébrer le Ramadan en famille, il est traqué, arrêté, torturé par les services spéciaux du général auteur du coup d’État de 1987, triomphalement élu et réélu depuis : Ahmad Manaï avait commis l’erreur de se présenter comme candidat indépendant aux législatives d’avril 1989, et la persécution n’épargnera ni son épouse ni ses enfants retenus en otages. Il est l’auteur du livre Supplice Tunisien, Le Jardin Secret du général Ben Ali, publié en 1995 aux éditions La Découverte,
récit qu’il clôt avec la relation de l’évasion de sa famille de Tunisie pour
le rejoindre en exil - où les tentacules du pouvoir benaliste l’ont rejoint : il porte
encore les cicatrices de deux agressions subies à Paris en 1996 et 1997 aux mains de sbires du régime de Carthage.
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Chers tous,
Je vous informe que la famille d'un Tunisien vivant à Marseille vient de
nous alerter sur la disparition de Mehdi Zouggha, né à Marseille le 30
septembre 1969 de mère francaise et ayant la double nationalité, et ce lors
de son retour en Tunisie pour visiter sa famille. Mehdi Zouggha a pris le
vendredi 11 aout 2000 à Marseille l'avion de Tunis Air pour Tunis (Vol n°
6781). A son arrivee à l'Aeroport de Tunis-Carthage, il a ete apercu entre
deux policiers.
Depuis ce jour, Mehdi n'a plus donne signe de vie.
Mehdi Zouggha est pere de deux enfants. Il s'est vu confisquer son
passeport par le Consulat à Marseille quand il a voulu le renouveller en
1994. Suite à une intervention de son pere vivant a Marseille, son
passeport a pu etre renouvele quelques jours avant son depart pour Tunis.
Nous lancons un appel en urgence pour que les autorites tunisiennes donnent
des nouvelles de Mehdi Zouggha et rassurent sa famille en lui indiquant le
lieu de sa detention.
Mondher Sfar
CCTE