Comme le disait un fonctionnaire à Paris; le pouvoir ne sait plus où il va !!!!!

 

 

 

Discours  prononcée à El-Kram Tunis

Texte de Khaled Ben M'Barek

Le peuple tunisien semble à la veille d'une nouvelle épreuve,

LE GÉNÉRAL BEN ALI DÉCLARE LA GUERRE A LA SOCIÉTÉ CIVILE TUNISIENNE

Dans un discours prononcé vendredi 28 juillet devant les cadres de son parti,  le général Ben Ali, chef de l'État et du parti en question, a lancé ce qui s'apparente fort à une déclaration de guerre contre les structures de  la   société civile tunisienne. 
Voici un extrait de ce discours dans le plus pur style rébarbatif du général :

"Tout en rappelant ces principes [la nécessité de se soumettre à la loi -à SA loi-], je tiens à souligner qu'il n'y a pas lieu de se livrer à une
quelconque surenchère à propos de ces constantes, encore moins de brandir des slogans fallacieux au sujet de l'existence de prisonniers d'opinion; car il n'y en a pas dans notre pays. Ne se trouvent en prison que ceux qui se sont rendus coupables de délits de droit commun tombant sous le coup de la loi, et qui ont été condamnés par les tribunaux, dans le respect de l'indépendance de la justice et des droits de la défense et des justiciables. Il n'est pas question, en outre, qu'au nom des libertés publiques, se manifestent des structures illégales qui s'arrogent le statut d'associations, d'organisations, ou de comités. Il ne peut y avoir de légalité hors des législations en vigueur." (extrait)
On sait aujourd'hui que Dr. Moncef MARZOUKI a été révoqué de son travail, que Mohamed El Hédi SASSI, célèbre prisonnier d'opinion du PCOT, a été arrêté, ainsi que Dr. Jaleleddine ROUIS, président d'une liste indépendante des élections minées d'avril 1989 et médecin à Sousse, avait été arrêté  à son cabinet et emmené tout droit en prison : on se serait avisé que l'homme avait un reliquat de peine de prison d'un an dû depuis...1990.
Pour notre part, nous avions toujours soutenu que la pause dans le tout répressif n'avait rien d'"endogène." Le général Ben Ali, dont le
dernier discours confirme encore une fois, qu'il est le seul et unique ordonnateur de  la politique de l'État tunisien, semble avoir épuisé tout son potentiel  de patience et de capacité de retenue. A présent, il semble estimer que   ses détracteurs sont mûrs pour être passés à la moulinette.
Son cri de guerre s'adresse au monde associatif qui ne s'inscrit pas dans  la mouvance de son parti, soit à tout ce qui est vivant dans la
société. Le Conseil national pour les Libertés (CNLT) d'abord. Ce n'est assurément pas un  hasard si la révocation du porte parole du CNLT intervient en ce moment précis. Le RAID (Rassemblement pour une alternative internationale de développement/ATTAC-Tunisie) sera autant visé pour son rapide essor à l'intérieur que pour la formidable sympathie dont il jouit à  l'étranger.
Viennent ensuite les Comités ad-hoc constitués ces derniers temps par des militants tunisiens en vue de défendre une cause en particulier. C'est  le cas  du Comité national de soutien à Hamma HAMMAMI, leader du PCOT. Ce Comité est présidé par l'universitaire Salah HAMZAOUI. Le Pr. Mohamed TALBI en est président d'honneur. Il y avait eu le Comité de soutien à Fahem  BOUKADDOUS et
Abdelmoumen BELANES. Il y a ces jours-ci un Comité de lutte contre la  "normalisation" avec Israël qui est en train de voir le jour.
Le général Ben Ali pourrait être tenté de frapper un grand coup pour réajuster sa botte sur le cou des Tunisiens et les empêcher encore une
fois d'étancher leur immense soif de liberté. Selon une tradition léguée par  l'ancien président Bourguiba, l'été est la saison des procès
politiques, des  coups bas, des augmentations du coût de la vie et de toutes les misères  que  l'État monolithique est en mesure d'infliger au peuple. Si, comme nous  le  craignons, le général met ses menaces voilées à exécution, la Tunisie  replongera dans l'atmosphère de guerre civile larvée qu'elle n'a jamais  cessé  de connaître depuis 1989. Les Tunisiens plieront encore sous le joug,   mais  ils ne casseront pas. Avec l'aide de tous leurs amis de par le monde,  ils  relèveront le défi du dictateur tortiocrate et prouveront qu'ils sont     dignes  d'une liberté qui sera gagnée de haute lutte.
D'ailleurs, pour ceux des Tunisiens qui ont réussi à libérer leur  cou de  sa botte en vivant à l'étranger, le général leur a promis de "recourir
à la  loi" (!) Voyez cet extrait littéral, dont nous pensons qu'il fait  allusion à  l'idée assez ancienne de retirer la nationalité aux "traîtres" :
"Je voudrais, également, saisir cette occasion pour dire, en toute  clarté,   que le fait de chercher à faire le jeu de ceux qui se livrent à des
attaques  contre la Tunisie, depuis l'extérieur, et à se faire complice, par le  mensonge et la calomnie, des détracteurs et des aigris, sans
s'embarrasser du  moindre scrupule patriotique ou moral, est une forme de trahison contre  laquelle nous ferons recours à la loi, si besoin est." 
La tortiocratie installée à Tunis semble ne devoir céder qu'après  avoir  mis le petit pays à l'épreuve, sinon à feu et à sang...

Khaled BEN M'BAREK, Coordinateur


Centre d'information et de documentation sur la Torture (CIDT-TUNISIE).
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