| C.R.L.D.H. Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de
l'Homme en Tunisie
Poursuite du harcèlement des défenseurs des droits de l'homme
L'acharnement des autorités tunisiennes contre Mr Mohamed Ali Bedoui,
frère du Dr Moncef Marzouki, se poursuit. Celui-ci a été interpellé le 5
janvier 1999 alors qu'il se trouvait au marché de Kébilli (dans le sud
tunisien) en compagnie de sa femme. Des agents de la police l'ont obligé
à les suivre, menotte aux mains et humilié, devant le juge qui lui a
notifié sa convocation devant le tribunal le 12 janvier 1999 pour les
mêmes motifs qui ont amené ce même tribunal à le condamner, le 5 janvier
1998 il y a exactement un an, à 6 mois de prison ferme. (voir
communiqué de CRLDHT du 9 janvier 1998). Professeur d'histoire, privé
d'emploi, père de six enfants, Mr Bedoui a été constamment harcelé par
les autorités en guise de punition pour l'attitude courageuse de son
frère le Dr Moncef Marzouki. Il a été condamné une première fois en 1994
à deux ans et trois mois de prison ferme pour avoir été soupçonné d'être
un "émir islamiste" (allusion au mouvement ENNAHDHA). Depuis sa sortie
de prison, il été constamment harcelé, chaque fois que le pouvoir
décidait d'exercer des pressions sur le Dr Moncef Marzouki. Ce dernier
vient de déposer une demande de visa au nom d'une association intitulée
"le Conseil national des libertés en Tunisie" dont il est le porte
parole
(voir communiqué du CRLDHT du 10 décembre 1998) et pour lequel il n'a
reçu ni récépissé, ni réponse des autorités. Le CRLDHT exige l'arrêt des
poursuites à l'encontre de Mr Mohamed Ali Bedoui.
Saleh Zeghidi, vice-président de la LTDH n'a, jusqu'à nos jours, pas
obtenu son passeport. Il a déposé une demande de renouvellement le 27
novembre 1998 et, malgré une démarche faite par le président de la LTDH,
Mr Taoufik Bouderbela, auprès du ministre de l'Intérieur pour lui
permettre de participer aux Etats Généraux des défenseurs des droits de
l'Homme organisée à Paris du 7 au 11 décembre 1998, celui-ci n'a pas
jugé
bon de répondre positivement à cette requête. Le nom de Saleh Zéghidi
s'ajoute ainsi à la liste déjà très longue, des défenseurs des droits de
l'homme privés de leurs passeports. On citera pour mémoire, Saleh
Hamzaoui, le père de Yacine Hamzaoui (sans passeport depuis plus de 15
mois), Moncef Merzouki, Sihem Ben Sedrine, Mustapha ben Jaafar, Nejib
Hosni, Radhia Nasraoui, Anouar Kosri...
Radhia Nassraoui privée de téléphone depuis plus de 20 jours est encore
une fois dans le point de mire des autorités tunisiennes qui ont voulu
la
"punir" pour les déclarations qu'elle a faites à la presse
internationale. Interdite de circulation en dehors des limites du
district de Tunis, objet d'une instruction qui n'en finit pas (voir
communiqué du CRDLHT du 13 mars 1998), Maître Radhia Nassraoui (et ses
deux filles) subit, en plus de l'absence forcée de son mari Mr Hamma
Hammami, animateur du Parti Communiste Ouvrier de Tunisie (PCOT, non
reconnu) recherché par la police depuis mars1998, une pression policière
constante et révoltante. Maître Mokhtar Trifi "puni" pour le même délit
par la coupure de sa ligne téléphonique a vu celle-ci rétablie après
plusieurs jours d'interruption. Cette véritable agression policière,
ultime action pour tenter de réduire au silence des personnes gênantes,
se combine avec la systématisation des écoutes téléphoniques, un
véritable viol de la vie des gens et en particulier celle des militants
des droits de l'homme. De même la filature policière systématique dont
sont l'objet Maître Najet Yakoubi, membre du comité directeur de l'ATFD
et de l'AJA, ou encore Maître Anouar Kousri dont la petite fille n'a pas
échappé à la vigilance et à l'interrogatoire d'agents de police sans
vergogne et sûrs de leur impunité.
Le CRLDHT lance un appel à toutes les forces et organisations pour
obliger le régime tunisien à respecter ses engagements souscrits par la
Tunisie en matière de libertés politiques et civiques
Paris, le 6 janvier 1999
6 janvier 1999 Comité pour le respect des libertés et des droits de l'Homme en Tunisie Libération de sept étudiantsLes sept étudiants condamnés, les 23 et 24 décembre 1998, à des peines allant de 8 mois à 20 mois de prison ferme (voir communiqué du CRLDHT du 29 décembre 1998) ont été libérés le mercredi 6 janvier 1999 à 19 heures. Mr Asef Yahyaoui, secrétaire général de l'Union Générale des Etudiants de Tunisie (UGET) qui, au nom du bureau exécutif, a lancé un appel au Président de la République a été informé ce matin par un des principaux conseillers du Président de cette décision de libérer les étudiants condamnés. Une délégation composée de membres du bureau exécutif de l'UGET, des membres du comité directeur de la Ligue Tunisienne pour la défense des Droits de l'Homme (LTDH), de l'Association Tunisienne des Femmes démocrates (l'ATFD), de l'Association des Jeunes Avocats (AJA) s'est présentée devant la prison civile de Tunis pour accueillir les étudiants libérés alors que les deux étudiantes incarcérées à la prison des femmes de Mannouba ont connu une libération identique. Cet événement vient à la suite d'une mobilisation importante dans les milieux estudiantins, celui des enseignants et de divers secteurs de la société civile (voir communiqué du CRLDHT du 14 décembre 1998). L'organisation syndicale l'UGET forte du soutien que lui a manifesté les syndicats des enseignants de l'enseignement supérieur et secondaire, de la solidarité manifesté aussi bien par le collectif inter-associatif (regroupant la LTDH, l'ATFD, l'AJA) que par un comité de soutien aux étudiants regroupant des professeurs, des avocats et des citoyens, ainsi que de la solidarité internationale a exprimé sa détermination à dénoncer la répression et à défendre les étudiants condamnés. Le CRLDHT se réjouit de la libération des étudiants et salue leur lutte pour un avenir meilleur. Il présente ses félicitations à leurs parents et amis. Il exprime sa solidarité avec l'UGET pour l'ouverture de véritables négociations sur la base des revendications du mouvement estudiantin. Il appelle à la poursuite des actions pour la libération des étudiants (13 garçons et 3 filles arrêtés entre février et avril 1998) qui ont entamé une grève de la faim du 1° au 16 décembre 98, pour protester contre les tortures qu'ils ont subies pendant la période de détention au secret et contre leur maintien en détention, sans qu'aucun complément d'enquête n'ait été ordonné et sans qu'aucune date ne soit fixée pour leur procès.
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