COMITE NATIONAL DE DEFENSE DU DR. MONCEF MARZOUKI


                               COMMUNIQUE


Dr.  Moncef  MARZOUKI,  Professeur  à  la  Faculté de Médecine de Sousse et porte-parole du Conseil National pour les Libertés en Tunisie (CNLT), a été  licencié  définitivement  de son travail suite à la suite à une décision du   ministre  de la santé publique datant du 29/07/2000 et faisant référence au conseil de discipline réuni le 27/07/2000 à cet effet.

Le   comité   de   soutien  du  Dr  Moncef  MARZOUKI  considère  qu'il  est indispensable d'informer des faits qui ont entouré l'affaire :

- le 06/06/2000 : Dr. Moncef MARZOUKI a présenté une demande de congé de 13 jours  à compter du 12 juin 2000, date à laquelle il aura terminé son année
universitaire (examens, corrections, remise des notes, jurys).

-  le  7  juin  2000,  le directeur régional de la santé publique notifie à Moncef  MARZOUKI  le  refus de sa demande de congé bien que le statut de la fonction publique reconnaisse le droit à des congés convenance personnelle.

-  le 10 juin 2000, Professeur MARZOUKI fait parvenir un certificat médical de 30 jours à compter de cette date à laquelle il part rejoindre ses filles  résidant  à  Paris  (Faut-il  rappeler  à ce propos que le Dr. MARZOUKI est
resté  privé  durant 4 ans de son passeport qu'il venait enfin de récupérer ?)

-  le 03 juillet 2000, le ministère de la santé publique décide de traduire Professeur  MARZOUKI  devant  le  conseil de discipline, lui reprochant une absence illégale.

-  le  27  juillet  2000,  à son retour de Tunis, Dr. MARZOUKI est convoqué devant le conseil de discipl  ine du ministère de la santé. Seuls ses avocats
étaient  présents,  le  Dr.  MARZOUKI n'ayant pas jugé utile de comparaître devant ledit conseil.

-  le  29  juillet  2000,  le  ministre  de  la  santé  signe sa révocation définitive de son travail.

Force est de constater que cette décision est entachée d'irrégularités dont nous relevons ce qui suit :
* Le conseil de discipline (ou la commission paritaire) réuni le 27 juillet 2000  relève  du  ministère  de  la  santé  publique alors que la loi du 17 juillet   2000  amendant  certaines  dispositions  de  la  loi  relative  à
l'enseignement  supérieur et la recherche scientifique, notamment l'article 8  (cf. JORT du 18 juillet 2000), donne compétence en matière de discipline au Conseil d'université. Or, nous relevons l'absence totale du ministère de l'enseignement supérieur dans cette affaire.
*  La  composition  du  conseil  de  discipline serait, elle-même, entachée d'irrégularités  car, selon le décret du 25 février 1960, les membres de la commission paritaire sont élus pour un mandat de 3 ans.

Il est clair qu'au-delà des faits reprochés au Dr. MARZOUKI, la sanction de révocation    définitive   demeure,   en  tout  état  de  cause,  totalement disproportionnée  et  abusive. D'ailleurs, un recours pour excès de pouvoir
sera  présenté  par ses avocats au tribunal administratif dans le délai des jours prévu par la loi.

Le  comité  tient  à  rappeler  que  cette  grave  sanction à l'encontre du Professeur   moncef  MARZOUKI  n'est  qu'une  nouvelle  étape  d'une  série d'intimidations  et  de  persécutions dont il est victime depuis 1993 (voir
notre   dossier   "Chronique   idéale    d'une   révocation  caractérisée"):
dissolution  de  son  service,  privation  de salaire, arrestation en 1994, interdiction  de  toute  activité  clinique et de recherches, coupure de sa ligne  téléphonique,  privation de son passport, comparution récente devant le juge d'instruction, vol de sa voiture...
Par conséquent, cette révocation abusive a pour objectif de sanctionner les activités  militantes  en  faveur des libertés et des droits humains du Dr. MARZOUKI  et  consitue  également un coup dur contre le CNLT dont il est le porte-paraole.

Le  comité  de défense condamne fermement ces méthodes répressives visant à réduire  le  Professeur  MARZOUKI au chômage forcé et au besoin et à priver l'université tunisienne ainsi que le domaine hospitalier de l'une de lleurs potentialités  scientifiques  et médicales. Il faut rappeler, par ailleurs, que ces punitions abusives touchen également plusieurs militants politiques et de droits humains.

Le  comité  apporte  son  soutien indéfectible au Professeur MARZOUKI ainsi qu'à tous ceux et toutes celles qui se trouvent aujourd'hui privés de leurs emplois à cause de leurs activités politiques.

Le  comité appelle toutes les composantes de la société civile nationale et internationale  à  apporter  leur  soutien  au  Professeur  MARZOUKI et aux militants  et  militantes  victimes  de ces mthodes d'initimidation et à se mobiliser  pour  que cessent ces persécutions dont la Tunisie n'a que faire et pour que ces militants et militantes recouvrent leur citoyenneté entière et effective.

Tunis, le 18 septembre 2000

Pour le comité national de défense du Dr Moncef MARZOUKI
Le Coordinateur
Mohamed BECHRI