Document de l’agence france presse

à Paris

24-05-1999 14.55

Tunisie-France-Presse

Paris condamne une agression contre le correspondant à Tunis de la Croix

 PARIS, 22 mai (AFP) - Les autorités françaises ont condamné samedi " la lâche agression dont a été victime jeudi Tawfic Ben Brik ", correspondant en Tunisie du quotidien français La Croix.

Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Mme Anne Gazeau-Secret, a indiqué que les autorités françaises, " attachées à la liberté de la presse partout dans le monde, dénoncent toute violence commise contre un journaliste, quels qu’en soient les auteurs ".

La France a par ailleurs demandé à son ambassadeur en Tunisie d’intervenir à ce sujet auprès des autorités tunisiennes.

Selon Mme Gazeau-Secret, Paris a demandé à son ambassadeur de " marquer auprès des autorités tunisiennes l’intérêt qu’il y aurait à ce qu’une enquête puisse être rapidement engagée afin de faire toute la lumière sur les circonstances de cette agression ".

M. Ben Brik a affirmé avoir été victime jeudi d’une agression physique de policiers civils qui lui ont cassé le bras, avait indiqué vendredi La Croix.

Les déclarations de M. Ben Brik ont été contestées par une source officielle tunisienne pour qui le journaliste a " inventé une version complètement fantaisiste des faits ".

Selon la déclaration de La Croix, le journaliste, qui travaille pour le quotidien parisien depuis un an, " est sans cesse harcelé par les autorités tunisiennes pour la seule raison qu’il veut faire son travail en toute indépendance ".

Paris observe généralement une attitude prudente pour tout ce qui concerne les droits de l’Homme en Tunisie.

Des avocats étrangers qui ont assisté le 15 mai dernier à Tunis au procès de l’avocate tunisienne militante des Droits de l’Homme Radhia Nasraoui, ont dénoncé mardi dernier, lors d’une conférence de presse au siège parisien d’Amnesty International, l’absence de représentants officiels français à ce procès, alors que des représentants d’autres pays, notamment les Etats-Unis, la Grande Bretagne, les Pays-Bas, la Suède, et le Danemark, étaient présents.

ej/sd/dmc eua

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Communiqué

Paris, le 25 mai 1999

Nous, soussignés, opposants au régime du Général Ben Ali, saluons la

dénonciation qui vient d'être formulée par les autorités françaises à

l'encontre de la lâche agression dont vient d'être victime en Tunisie le journaliste Toufik Ben Brik. Cette nouvelle agression vise en fait à faire taire les voix de plus en plus nombreuses qui osent critiquer et dénoncer le régime policier de Ben Ali à un moment où l'opposition de l'intérieur s'organise malgré les menaces, les arrestations arbitraires et les procès politiques.

Nous espérons vivement que cette condamnation exprimée par les autorités françaises augure de leur part d'une réelle prise de conscience de la gravité de la situation politique en Tunisie, une situation marquée par l'effacement quasi total de la société civile et par l'absence des libertés d'expression, d'information, de réunion, et d'association, sans parler du droit à la vie et à l'intégrité physique et morale des Tunisiens. Une situation aggravée par une corruption débridée et des pratiques mafieuses qui touchent l'Etat du sommet à la base.

La France, en tant que premier partenaire économique de la Tunisie, et,

depuis 1996, en tant que signataire d'un accord d'association

euro-méditerranéen, ne saurait continuer à se taire sur ces violations

systématiques et massives des chartes, des traités internationaux et plus particulièrement de cet Accord euro-méditerranéen fondé explicitement sur l'exigence démocratique et le respect des droits de l'homme. C'est à l'Europe, et à la France en particulier, de prendre leurs responsabilités face à une situation qui se dégrade de jour en jour et qui ne peut conduire qu'à l'explosion et aux dérapages les plus dangereux et les plus imprévisibles.

Signatures :

Abdelaziz Agoubi, Lyon,

Noureddine Amdouni, Genève,

Abdelwahab el-Hani, Compiègne

Mondher Sfar, Paris.

Contacts :

Collectif de la Communauté Tunisienne en Europe, Paris,

Tel : (0)1 43 29 68 98

 

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Encore le 31 mai 1999

Le comité de défense de libertés en Tunisie.

Communiqué

L’interrogatoire de Omar Mestiri est repoussé au 3 juillet 1999

Le doyen des juges d’instruction Mr Noureddinne Ben Ayed devant lequel

comparait , le 31 mai 1999, Omar Mestiri a décidé de reporter

l’interrogatoire au 3 juillet 1999. Il lui a par ailleurs signifié

l’interdiction de voyager et celle de se déplacer en Tunisie en dehors des districts de Tunis, Ariana et Ben Arous. Plusieurs militants et défenseurs des droits de l’homme se sont rassemblés devant le palais de justice en signe de solidarité avec Omar Mestiri.

Rappelant que Omar Mestiri a été interpellé le mercredi 12 mai 1999 suite à la déclaration faite par le Conseil National des Libertés en Tunisie (CNLT) à propos des arrestations des syndicalistes ( Cf. Communiqué du CRLDHT du 13 mai 1999). Militant pour les libertés et les droits de l’homme en Tunisie, il a déjà connu les prisons tunisiennes pour son combat et son engagement. Il est actuellement membre du comité de liaison du Conseil National pour les Libertés en Tunisie, association qui a été constituée le 10 décembre 1998 mais à qui les autorités tunisiennes ont refusé l’autorisation d’exister (cf communiqué du CRLDHT 14 mai 1999).

Il est à craindre que cette procédure judiciaire soit le prélude d’une

nouvelle instruction judiciaire - et donc d’un autre procès d’opinion - qui vise les initiateurs du CNLT pour "activités d’une association non reconnue " ou encore "pour des publications non autorisées et infraction envers la loi sur la presse". En effet, la recrudescence des procès d’opinion et la multiplication des vagues d’arrestation et de répression dans divers milieux (syndicalistes, étudiants et défenseurs des droits de l’homme) dénote de la volonté des autorités de mettre au pas et de réduire au silence toute opposition ou expression critique. Les rumeurs faisant état d’une certaine décrispation du pouvoir en prévision des prochaines échéances électorales ne sont que manipulations et intoxication. La CRLDHT renouvelle ses appels pour

- la poursuite de la mobilisation internationale pour dénoncer les violations graves et systématiques des droits de l’homme en Tunisie en exigeant l’arrêt des poursuites contre Maître Radhia Nassraoui et ses 20 co-inculpés , ainsi que contre Omar Mestiri ,

- l’arrêt du harcèlement des défenseurs des droits de l’homme et l’ouverture d’une enquête contre les agresseurs de Taoufik Ben Brik . Il demande :

- la libération des prisonniers d’opinion notamment Khémaies Ksila, Nizar Chaari et Mohamed Ali Bedoui.

- le respect des engagements souscrits par la Tunisie en matière de droits politiques et civiques.

- la garantie de la liberté de circulation et l’arrêt de la pratique des retraits de passeport notamment par l’abrogation de la récente et inique loi relative aux passeports et documents de voyage ( Loi organique n° 98-77 du 2 novembre 1998).