Maître Jameleddine BIDA, avocat à la cour de Cassation et ancien Secrétaire général de l'Ordre des Avocats de Tunisie, est entré depuis le 18 octobre 1999 en grève de la faim pour protester contre le refus des autorités tunisiennes de lui délivrer son passeport.
Maître Bida entend par là dénoncer une mesure arbitraire qui le prive aujourd'hui de son droit fondamental - celui de se déplacer librement - et ce, au mépris des dispositions de la Constitution tunisienne et de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.
Le ministère de l'Intérieur refuse, en effet, depuis 20 mois, sans aucun motif, de délivrer à Me BIDA son passeport qu'il avait déposé pour renouvellement, et ce malgré les interventions soutenues du Conbseil de l'Ordre des Avocats, de la Ligue Tunisienne des Droits de l'Homme et de l'Associaiton des Jeunes Avocats de Tunisie.
Me BIDA considère que cette mesure, qui le frappe durement dans sa liberté et qui l'empêche d'accomplir certaines obligations professionnelles et familiales, s'inscrit dans le cadre d'une campagne féroce d'intimidation et de harcèlement que le pouvoir développe, sournoisement, depuis quelques temps, contre les défenseurs des droits de l'Homme, les militants politiques et, plus particulièrement, les avocats qui plaident dans des procès d'opinion.
Me Jameleddine BIDA avait déjà observé, du 11 au 18 juillet dernier, une première grève de la faim qu'il avait suspendue suite aux bons offices de la LTDH. L'attitude radicale du ministère de l'Intérieur sur ce sujet confirme, en tout cas, l'acharnement du pouvoir contre les avocats qui réaffirment leur engagement aux côtés des victimes de la répression.
Tunis, le 20 octobre 1999