Taoufik Ben Brik, journaliste tunisien et correspondant du journal La Croix en Tunisie, est de nouveau dans le collimateur du pouvoir tunisien. Il a publié récemment deux articles dans le journal suisse Le Courrier. Le premier, le 11 décembre 1998, sous le titre « Afef une superbe va-nu-pieds, coupable d'oser parler et aimer », évoquait le cas de Afef Ben Rouina, étudiante en 3e cycle détenue sans jugement depuis le 23 avril 1998. Le deuxième daté du 7 janvier 1999, titré « Ben Ali qui brigue un nouveau mandat doit faire face au défi des étudiants », rendait compte des dernières mobilisations étudiantes ainsi que des condamnations allant de 11 mois à 2 ans infligées à 7 étudiants arrêtés entre le 11 et 14 décembre et libérés, depuis, grâce à la mobilisation nationale et internationale. Le 28 décembre 1998, la ligne téléphonique de Taoufik Ben Brik a été coupée suite à un coup de fil mystérieux d'un homme qui lui a dit « j'ai quelque chose à te révéler. Rendez-vous au ... » puis plus rien. Taoufik Ben Brik a contacté le service des télécoms qui lui a confirmé que « sa ligne n'était ni en dérangement, ni coupée ni isolée ». Entre-temps, son téléphone a été rétabli. Le 13 janvier, sa ligne est de nouveau coupée ; curieusement, le même jour, le journaliste publie un nouvel article dans le journal La Croix. Depuis le 12 janvier Taoufik Ben Brik est suivi par deux voitures banalisées, une 106 blanche (87 Tunis 4740) et une R5 blanche. Des menaces réelles pèsent aujourd'hui sur ce journaliste indépendant qui dérange par son travail les autorités tunisiennes soucieuses de leur image internationale. Le pouvoir tunisien tente de le réduire au silence. Le Comité pour le respect des libertés et des droits de l'homme en Tunisie s'inquiète du harcèlement subi par ce journaliste et émet les plus vives inquiétudes sur l'éventualité sérieuse de poursuites à son rencontre. Rappelons que T. Ben Brik avait été arrêté en juin 1998 pour avoir écrit dans La Croix un article sur les méthodes policières ayant cours en Tunisie. Il a été également privé de passeport pendant plusieurs mois en 1997. Le Comité appelle à défendre ce journaliste qui continue de vouloir résister au bâillonnement de la presse dans son pays et à rester vigilant quant à une éventuelle aggravation de sa situation.
Paris, le 14 janvier 1998>