C.R.L.D.H.  Tunisie

Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie

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membre du Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l’Homme

 

INFORMATIONS

e harcèlement de MM. Moncef Marzouki, Mustapha Ben Jaafar, Mohamed Mouadda et Ahmed Khaskhousi ou la permanence de la répression

Mr Mohamed Mouadda est en grève de la faim depuis

le 22 novembre 1999

Les lendemains d’élection sont rudes pour tous ceux qui refusent les simulacres et le décor de "l’opposition " parlementaire.

Après la comparution devant le Juge d’instruction de Moncef Marzouki, en sa qualité de porte-parole du CNLT, et de Mustapha Ben Jaafar, au titre du Forum démocratique pour le travail et les libertés ; ce sont Mohamed Mouadda et Ahmed Khaskhousi, dirigeants légitimes du MDS qui ont été ainsi visés. Le premier, qui est confronté à un harcèlement constant depuis près de deux ans, s’est vu signifier officiellement une mesure arbitraire de mise en résidence surveillée particulièrement contraignante (ses fils sont à présent fouillés à chaque entrée ou sortie). Mr Moaada a décidé, le 22 novembre 1999, d’entamer une grève de la faim pour exiger la cessation des mesures répressives et vexatoires dont lui et sa famille font l’objet

Mr Mohamed Mouadda avait annoncé le 21 septembre sur la base d’une déclaration, véritable réquisitoire à l’encontre du régime, sa candidature à l’élection présidentielle du 24 octobre. Protestataire, la décision pourtant symbolique, a suscité le courroux du pouvoir qui se venge au lendemain des élections, tout comme il l’avait fait en 1994 à l’égard du Dr Moncef Mazouki à la suite de sa candidature protestataire à la présidence de la République.

Mr Ahmed Khaskhousi coordinateur du MDS légitime, quant à lui, a été interpellé à deux reprises par la police qui lui a ordonné qu’à défaut de mettre un terme à ses activités politiques, il sera l’objet de poursuites policières et judiciaires

Le CRDHLT constate que les poursuites engagées contre MM Marzouki, Ben Jaafar , Mouadda et Khaskhousi , ainsi que le procès contre la famille de Radhia Aouiddi (prévu pour le 25 novembre 1999 à Sfax ) confirment la volonté du pouvoir de maintenir, en dépit des mesures d’élargissement prises après les élections à l’égard de près de 500 détenus politiques et d’opinion (cf. Communiqué du CRDHLT), la pression à l’encontre des voix démocratiques dissidentes .

e remaniement ministériel du mercredi 17 novembre vu sous l’angle des droits de l’Homme et des libertés.

Après les élections du 24 octobre 1999 (communiqué du CRDHLT du 26 octobre 1999) et les mesures de mises en liberté conditionnelle de près de 500 détenus d’opinion ou politique le chef d’Etat a procédé le 17 novembre à un remaniement ministériel marqué par le départ du Premier ministre Mr  Hamed Karoui et son remplacement par Mr Mohamed Ghanouchi, ancien ministre de la Coopération internationale.

La nomination de ce dernier et le retour de M. Habib Ben Yahia au ministère des Affaires étrangères constituent, semble-t-il, des gages en direction respectivement de Bruxelles et de Washington.

Au-delà du jeu des chaises musicales qui est une des caractéristiques de ce genre d’aménagements ministériels, on retiendra le retour particulièrement préoccupant de Mr Abdallah Kallel au ministère de l’Intérieur et la confirmation en qualité de secrétaire d’Etat à la Sûreté de Mr Mohamed Ali Ganzoui.

Ce signal fort de la volonté du pouvoir de poursuivre et éventuellement de renforcer sa politique autoritaire fait écho au discours prononcé le 16 novembre par le chef de l’Etat lors de sa prestation de serment et de l’ouverture solennelle de la nouvelle législature. Un discours plutôt musclé et ponctué de menaces à l’égard de toute forme de contestation politique à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

La nomination de M. Dali Jazi, ancien opposant et ancien dirigeant de la LTDH à un poste inédit : " Les droits de l’Homme, les relations avec le Parlement et la Communication. Ne soit destiné qu’à servir de feuille de vigne aux pratiques répressives despotiques du régime, d’autant que la disponibilité du nouveau ministre est, pour le moins limitée en raison de la fragilité de son état de santé. Tout au plus, nous noterons que la création de ce nouveau ministère est interprétée comme une limitation de l’influence sinon une disgrâce de Mr Abdelmalah Abdallah dont l’échec est avéré en dépit (ou en raison) de l’activité prédatrice qu’il a développée dans le secteur, aujourd’hui très sinistrée, de la presse et de l’information.

Enfin, on notera avec inquiétude les profils de nouveaux titulaires du Secrétariat général du Gouvernement (Mr Abdallah Kaabi) et des ministres de l’Education nationale (Mr Yadh Ouederni) et de l’Enseignement supérieur (Mr Sadok Chaabane).

 

" Akhbar Al Mouflissine " (les nouvelles des faillis ) reprend du service

Après " Les masques ", bulletin trop voyant en France parce que rédigé en français, on se souvient que les officines liées aux autorités tunisiennes ont lancé en 1998, à partir de Tunis et de Paris, une abjecte feuille anonyme intitulée " Akhbar Al Mouflissine " (nouvelles des familles).

Après une éclipse de quelques mois, deux numéros ont circulé au cours des mois d’octobre et de novembre 1999.

Le premier, aussi lamentable que détestable que les précédents, ayant mis en cause l’émir de Qatar dans le registre habituel de cette feuille de caniveau (pour se venger sans doute de l’écho suscité en Tunisie par les émissions de la chaîne " Al Jazira ", émettant à partir de Qatar), le dernier numéro " d’Akhbar Al Mouflissine ", a laissé entendre qu’il s’agissait d’un faux réalisé par des opposants au régime tunisien !

Nul ne sera dupe de cette version fantaisiste car, à l’évidence, le style à la fois calomniateur, haineux et débile, utilisé par ceux qui commettent ce " torchon " anonyme est absolument inimitable car il procède d’un état d’esprit pathologique de " nervis " d’un type très particulier dont les outrances infâmes et invraisemblables, portent en définitive préjudice au pouvoir qu’ils prétendent défendre.

 

a dérobade du Gouvernement tunisien à l’occasion de la 2ème session du Conseil d’association Tunisie-Union européenne

Prévu de longue date, pour le 16 novembre 1999, la session annuelle du Conseil d’association Tunisie-Union européenne, n’a en définitive pas eu lieu ; elle est reportée à une date non encore déterminée.

Le prétexte invoqué par le Gouvernement tunisien est l’imminence du remaniement ministériel (qui a eu lieu le 17 novembre), mais la véritable raison est ailleurs. La présidence finlandaise en effet, avec l’aval des principaux membres de l’Union européenne, a insisté pour que la question des droits humains et des libertés ne soit pas escamotée mettant ainsi l’action sur la nécessité d’une mise en œuvre effective de l’article 2 de l’accord d’association entre l’Union européenne et la Tunisie.

Acculées, les autorités tunisiennes ont opté pour la dérobade avec l’espoir que la prochaine présidence portugaise (qui débute le 1er janvier 2000 pour un mandat de 6 mois) serait plus accommodante. A suivre…

 

ols de documents

 

Participant aux côtés de délégués du CRDHLT et de la LTDH, au séminaire organisé par le Réseau Euro-Méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH) à Bruxelles du 8 au 11 novembre, Khémaïs Chamari s’est fait voler, dans sa chambre d’hôtel, ses carnets d’adresses, des documents personnels et un trousseau de clés.

Dénonçant cet " inquiétant et inqualifiable forfait ", le REMDH a tenu à rappeler, " qu’avant et pendant le séminaire, les organisateurs de cette rencontre, soutenue par l’Union européenne, ont été soumis à plusieurs interventions d’individus notoirement liés aux autorités tunisiennes insistant pour participer à ce séminaire ".

Le REMDH, se faisant l’écho de l’émotion suscitée parmi les participants au séminaire de ce vol, a insisté " pour que les investigations de police soient menées de la façon la plus rigoureuse, estimant que " ce vol constitue une nouvelle illustration des menaces graves qui pèsent sur la sécurité, en Europe, des défenseurs tunisiens des droits de l’Homme ".

Paris, le 24 novembre 1999

nouvellle.htm